Si la gamme Art dispose de nombreuses focales fixes adaptées à la photographie nocturne (14mm 1.8 ou 20mm 1.4 pour ne citer qu'elles), elle n'est pas en reste en matière de zoom standard puisque le 18-35 1.8, réservé aux capteurs APS-C, fait des merveilles. Si comme moi vous aimez disposer d'une petite marge de manœuvre lors de vos captures nocturnes, il se peut que ce caillou soit en mesure de vous convaincre par sa qualité et sa polyvalence.

Chaque image de ce test a été réalisée à l'aide du 18-35 et est cliquable afin de l'ouvrir en taille réelle pour se rendre compte du rendu sans la compression due à l'intégration dans l'article.

 

Première constatation lors de la prise en main : il pèse son poids ce petit ! Avec 810 grammes sur la balance, inutile de dire qu'une fois couplé à un boîtier tel que mon 7D Mark II il faudra s'assurer de disposer d'un trépied fiable et de bien en serrer toutes les bagues si l'on veut éviter des mouvements parasites lors des prises de vue. Au-delà du poids, sa construction solide comprenant dix-sept lentilles réparties en douze groupes est rassurante et permet une prise en main très appréciable en conditions de faible luminosité, lorsqu'il est parfois nécessaire de chercher ses réglages à tâtons. Enfin, l'ouverture à 1.8 est bien entendu un argument plus qu'intéressant pour une utilisation nocturne et on ne regrettera pas l'absence de stabilisation qui n'a aucun intérêt une fois l'objectif installé sur un trépied. A noter toutefois que l'objectif étant spécifique aux boîtiers APS-C, vous aurez au final entre les mains un 28-56mm (Canon) ou un 27-52mm (Nikon), ce qui influera sur vos temps de pose mais nous y reviendrons plus tard.
La Voie Lactée au-dessus de l'observatoire de Vinzier en Haute-Savoie.
La Voie Lactée et les étoiles filantes (ici les Perséides) sont un terrain de jeu sur lequel le 18-35 excelle.
Par temps nuageux, l'objectif conserve un piqué surprenant compte-tenu des conditions.
Sur le terrain les preuves ne tardent pas à arriver dès les premiers essais. Si lors d'une utilisation en animalier ou en concert l'ouverture à 1.8 montre ses limites en matière de profondeur de champ selon le placement du sujet, elle fait ici des merveilles. En effet, dès la pleine ouverture les étoiles sont nettes, découpées et bien exposées avec des aberrations chromatiques inexistantes, y compris dans les bords de l'image (voir ci-dessous). Un résultat impressionnant quand on sait que les optiques très lumineuses excellent rarement à pleine ouverture et que l'on fait régulièrement face à des étoiles déformées dans les extrémités des photos. L'utilisation d'un premier plan ne pose également aucun souci de netteté malgré la profondeur de champ réduite à pleine ouverture (voir ci-dessus). A noter que la bague de MAP offre un peu de résistance, ce qui permet d'obtenir plus facilement une mise au point précise et la rend moins sujette aux décalages en cas de mouvements parasites. Même si elle sert assez peu (voire pas du tout) en nocturne, la mise au point automatique est à la fois rapide, fluide et précise. L'objectif peut cependant nécessiter une configuration par le biais du dock usb Sigma afin d'être au maximum de ses capacités.
Photo brute réalisée le 12 août 2018 à 20mm, f/1.8, 15s, ISO 2500.
Agrandissement de la zone rouge de la photo ci-contre. Même aux extrémités de l'image, les étoiles ne subissent pas de déformation.

A 18mm (soit 28mm réels sur un boîtier Canon) il est possible d'utiliser des temps d'exposition jusqu'à 15s. A 20 secondes de pose, le résultat est exploitable dans le cas de panoramas mais sur une photo unique les étoiles commenceront à être déformées par la rotation terrestre de manière visible. Ces réglages permettent d'obtenir d'excellents résultats sur la Voie Lactée, la Lune ou des objets comme les étoiles filantes. A 35mm (56mm réels), le bulbe de notre galaxie révélera plus de détails mais notre temps de pose se limitera à 8s, ce qui pourra parfois s'avérer juste selon la capacité de gestion des isos de votre boîtier.

Panorama de 22 poses de 20 secondes à 18mm, f/1.8 et 2500 isos lors de la période de visibilité maximale de Mars en juillet.
Voie Lactée, Lune, étoiles filantes, star trails... Cet objectif s'avère d'une grande polyvalence.

En conclusion, le Sigma 18-35mm 1.8 Art s'avère être une très bonne solution pour ceux qui, comme moi, pratiquent l'astrophotographie tout en évoluant sur un boîtier APS-C. La qualité optique est au rendez-vous et permet d'obtenir de meilleurs rendus que ceux d'objectifs bien plus onéreux chez Canon ou Nikon. Bien entendu, les focales fixes de Sigma donnent également d'excellents résultats dans le domaine mais conserver une marge de manoeuvre, même légère dans notre cas, s'avère parfois très utile.

Pour un prix tournant entre 700 et 730 euros à l'heure actuelle, ce 18-35 est une excellente affaire car au-delà de l'astrophotographie qui n'est pas son usage premier, cet objectif s'avère également performant pour les portraits, les paysages et même le concert ou le sport. Un vrai couteau suisse donc !

4 thoughts on “Test du Sigma 18-35 1.8 DC HSM ART en astrophotographie !”

  1. Bonjour,

    Est-ce que vous pourriez expliquer la technique pour le panorama de 22 poses ?

    J’ai essayé de faire quelques photos hier soir (18-35 et EOS 80D), mais le résultat est vraiment moyen.

    Je pense que je n’ai pas choisi les bons réglages : j’ai essayé de baisser les ISO, et donc de monter le temps d’exposition, mais la pose était beaucoup trop longue (1 à 3 minutes) et donc les étoiles sont floues.

    A 18 mm il faut se limiter à 15 secondes ?

    On place la mise au point en manuel sur infini ?

    Cordialement,

    Boris

    1. Bonjour Boris,

      La technique pour le panorama est assez compliquée si tu n’as jamais fait d’astrophotographie au départ. L’idée est de prendre une zone du ciel en photo, de se décaler en gardant une petite partie de la photo précédente dans le cadre (pour pouvoir assembler ensuite) et continuer ainsi de suite à la fois à l’horizontale et à la verticale afin de couvrir tout le champ qui t’intéresse. Je n’ai pas de tutoriel plus précis en ligne actuellement (c’est en projet) mais je peux te renvoyer sur les excellentes explications de Bastien Foucher : https://www.bastienfoucher.com/Tutoriels
      Personnellement, j’ai appris tout ce que je sais ou presque grâce à Bastien.
      Pour ce qui est du temps de pose, on se sert de la règle des 350 sur un capteur aps-c comme le tien ou le mien (règle des 500 sur un plein format), c’est-à-dire que tu divises 350 par ta longueur focale (en l’occurrence 18mm) et ça te donnera la nombre de secondes de pose max avant que le ciel ne devienne flou. Soit 350/18 = 19,4s. En théorie jusqu’à 20 secondes ça joue mais une faible déformation commencera à se voir en zoomant sur l’image. Il faut monter les isos pour compenser ce temps de pose faible et ouvrir à fond (f/3.5 sur ton objectif si je ne dis pas de bêtise). Le tout est d’adapter ta valeur d’isos à ce que ton boitier peut gérer, 800/1600 est un bon début.
      Quant à la mise au point, il faut te servir du live-view de l’appareil (visée écran), zoomer sur une étoile bien brillante et faire la mise au point manuellement dessus jusqu’à ce qu’elle soit la plus nette possible. L’infini peut marcher mais en général ce n’est pas parfait du tout.

      J’espère que je t’aide, si tu as la moindre question ou si tu veux me montrer tes résultats pour que j’essaye de t’aider à trouver ce qui peut être amélioré n’hésite pas ! Tu peux notamment m’écrire par le biais de ma page Facebook si tu veux m’envoyer une photo pour me montrer 🙂

      A bientôt !

      Florian

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